Soeur Odile de la Croix et le Sacré Coeur de Montlhéry

Si si si , il faut que je t'en parle! Je sais tu as quitter l'école il y a bien des lustres déjà mais ça m'a fait tellement plaisir de remonter le temps à la rencontre de Soeur Odile.

Sais-tu qu'elle m'avait dessiné une petite carte religieuse et écrit au dos des paroles de réconfort?

Soeur Odile de la Croix et L’école du sacré cœur

    

Il y a quelques années maintenant, j’ai eu la joie de rencontrer une personne absolument incroyable, Sœur Odile ! J’ai lu de nombreux récits sur ces religieuses, formidablement humaines qui, à travers le monde remuaient des montagnes pour secourir les plus malheureux d’entre nous. J’ai regardé une multitude de reportage sur des saintes femmes qui ne pensaient qu’à soulager les pauvres de tous leurs maux.J’aimerais pour une fois mettre en lumière une femme dont la bonté, la bonne humeur et la volonté ont marqué bon nombres de petites et de petits Montlhériens !!!

Mais je ne peux vous parler de Sœur Odile de la Croix sans vous parler de SON école, le Sacré Cœur de Montlhéry…. Car les deux sujets sont très étroitement liés ! Lorsque je l’ai rencontrée pour la première, c’était dans une maison de retraite pour les Sœurs de la congrégation des Oblates dont elle faisait partie. J’étais vraiment très intimidée. Ce que j’avais entendu d’elle était fort impressionnant ; mon mari qui avait suivi ses cours de catéchisme, n’en gardait pas un très joyeux souvenir. Cependant, je voulais absolument lui parler d’un projet que je mettais en place avec la classe de Cp de mon fils. Nous étions en 1995 !

Zut, j’oublie le principal …. L’école du sacré cœur est située rue Christophe de Saulx à Montlhéry dans l'Essonne !

Laissez moi maintenant vous raconter l'histoire de cette femme admirable et de son école…

Au début du siècle, le bâtiment n’était pas encore une école : il appartenait à un marchand de chevaux.On ne sait pas vraiment à quel moment les Sœurs ont investi les lieux, ce qu’on sait, c’est qu’elles ont été mises à la porte de l’école au moment de la séparation de la religion avec l’état.

En 1923, les Oblates ouvrent un pensionnat de jeunes filles. Il y a 40 jeunes filles internes, 60 externes et 12 en demi pensionnat. Ces jeunes élèves étudient jusqu’au brevet ! Je suis toujours étonnée de trouver plus de « chiffres » que d’informations sur leur manière de vivre. Mais même Sœur Odile n’a pu m’en dire plus sur le sujet !!

1938, année décisive pour notre petite école qui tombe en ruine. Les Oblates ont ouvert un autre pensionnat…dans un château….celui de La Ville du Bois. Les pensionnaires Monlthériennes y sont transférées. Seule une classe de maternelle accueille encore les petits. Les Sœurs Oblates voulaient fermer mais une certaine Dame Lescure réussit à engager et à payer de ces deniers une institutrice pour que l’école ne ferme pas.

De 1938 à 1952, Sœur Odile n'en savait pas grand-chose non plus. Si j’avais pu avoir accès aux archives de l’école je ne me serais pas contentée de d’écrire que Sœur Noëlla était de 1938 à 1948 la directrice de l’école et que le curé de Montlhéry se servait d’une partie de l’école comme garde-meuble. Puis, que ce serait au tour de Sœur Lydie d’officier à la tête de notre établissement scolaire de 1948 à 1952 !

Mais nous voila maintenant en 1952, et celle dont nous attendons les souvenirs avec impatience arrive enfin pour prendre la direction des petits élèves du Sacré Cœur !

Quand Sœur Odile arrive pour prendre la direction de l’école. Il n’y avait qu’un seul bâtiment et pas de cantine. Les enfants scolarisés étaient essentiellement ceux de Montlhéry ; 40 enfants en maternelle et 20 pour les Cp/Ce/Cm qui étaient regroupés en une seule classe. Il y avait un très très grand terrain qui servait de jardin où se trouvait une petite cabane de jardinier. Dés la rentrée scolaire de 52, la maîtresse  des grands Mme Robillard échangea sa classe avec Sœur Odile et s’occupa des petits ! Mr et Mme Chauffat logeaient dans la partie droite (en rentrant dans l’école) du bâtiment. Sœur Odile dormait au pensionnat de La Ville du Bois. A ce propos, elle m’a raconté, avec une certaine nostalgie et un petit frisson d’aventure dans les yeux, qu’on lui avait fourni une mobylette 2 temps qui l’obligeait à pédaler férocement dans les cotes !!! Mais bon, tous ces inconvénients ne l’empêchèrent pas de réaliser la grande entreprise qu’elle s’était fixée…faire de l’école du sacré cœur un endroit de vie et de spiritualité pour tous les enfants de tous les horizons !

En 1953, de grands bouleversements ont bousculé la vie de la petite école. Une partie du bâtiment où se trouve l’actuelle bibliothèque s’est effondré et on a découvert un puits sous la classe de Ce2. Les réparations. On entreprend alors de restaurer les murs et de les transformer en classe.

Sœur Odile passe enfin son permis en 1959 et l’association des parents d’élèves lui achète une voiture …. La célèbre 4L blanche que l’on voit partout en photo et qui traversait « silencieusement » les rues de Montlhéry !

Sœur Odile signe un contrat association avec l’état en 1960. Maintenant l’école est reconnue par l’état et l’enseignement qui est donné est le même que dans ceux du public …. avec en plus, bien sur un enseignement religieux !

1963-64 verra la construction d’un grand préau. Il se trouvait à gauche de l’actuelle cantine. Ce grand préau subira différentes transformations. Un autre préau au don de la cour est transformé en classe et on lui adjoint des sanitaires.

1967-1968 L’entrepreneur Riu  construit le bâtiment des maternelles. Pour la petite histoire, Sœur Odile peindra elle-même les meubles ! Et durant les vacances de Pâques, des sanitaires viendront faciliter la vie des petits élèves !

Le chauffage central chauffe toutes les classes en 1969 mais pas encore toute la maison, ce qui sera le cas en 1970.

On ouvre une autre classe, dans les étages du vieux bâtiment en 1972 et en 1973, on agrandit le réfectoire qui accueille maintenant 150 petits affamés !

1975 apporte de nombreux petits réaménagements, une classe dans le préau, puis aménagement d’un oratoire pour Sœur Odile, divers ravalements et un remplacement de toiture.

Dans les années 70, il y a une classe par niveau (Cp à Cm2) et deux classes double niveau, soit 11 classes. La mixité est admise et les petits garçons qui n’étaient admis qu’en maternelle poursuivent maintenant leur scolarité au Sacré Cœur !

L’école eut pendant de très longues années une autre activité : le Catéchisme ! C’est d’ailleurs à cause de ces souvenirs d’enfant que mon mari et moi avons inscrit notre fils au Sacré Cœur !!! Bon, il est vrai que nous n’avons gardé que les bons, car Sœur Odile gardait un souvenir très mitigé du passage éclair de mon mari, mitigé oui mais plein de tendresse aussi !

 

Sœur Odile quittera l’école 28 ans plus tard. Elle écrivit une lettre pleine d’amour et d’affection pour les élèves et son école puis retourna prés des sœurs Oblates pour de nouvelles missions.

Je l’ai rencontrée bien des années plus tard, en 1995. Nous voulions préparer une journée spécialement pour elle et pour qu’elle nous parle de l’école. Dés que Sœur Odile a entendu parler du projet, elle a tout de suite dit oui alors qu’elle avait déjà des soucis de santé et surtout qu’elle était déjà bien fatiguée….mais vaillante et surtout tellement heureuse de revenir dans son école, Sœur Odile s’est investie totalement, préparant même des petites images religieuses pour chacun des élèves.

Sœur Odile a parlé devant une assemblée de petits yeux tout ébahis et interrogateurs. Les questions fusaient de toute part, la ravissant parfois par une petite pointe d’insolence, comme celle du petit garçon qui lui a demandé pourquoi elle portait une robe grise et pourquoi on devait l’appeler Sœur alors qu’il n’avait que des frères ! Elle se souvenait de toutes les époques et fut enchantée de retrouver son petit oratoire que nous avions décoré pour l’occasion !

Mon fils, s’est vu propulsé  la star du jour, quand Sœur Odile a raconté une petite histoire sur son papa ! Ses camarades lui donnaient des petits coups de coude en signe de respect pour  son galopin de papa ! Il y eut aussi un petit moment d’effroi quand Sœur Odile leur rappela que les élèves devaient tous porter des tabliers !!

C’est vrai que cela peut être banal, mais Sœur Odile ne sera connue que d’un certain nombre de personne et non du monde entier…peut être même est-elle maintenant oubliée de Montlhéry, pire même de son école… alors pour fixer cet instant dans l’éternité du net… je trouvais normal de parler un peu d’elle !

Commentaires (2)

2. Isa Webmaster Le 28/08/2008 à 22:33

Je suis très touchée par ce compliment. Le sujet même de mon texte était une personne formidable, tout en extrème et en amour! C'est facile d'être inspirée quand on a la chance de croiser au détour de notre vie une "sœur Odile".... Elle nous a tellement aimé, que je ne suis pas certaine qu'elle ait été autant aimé par nous, mais je sais que ce n'est pas ce qu'elle attendait. Elle attendait qu'on soit heureux! Je vous souhaite de rencontrer une "sœur Odile"

1. grandmamanjacqueline Le 23/08/2008 à 20:14

Lien vers le site web de grandmamanjacqueline
Bonjour !
J'ai trouvé cette histoire intéressante et très touchante, j'aime bien votre façon de raconter, elle donne envie de lire tout le reste, mais je reviendrai, une histoire par jour comme les enfants !
Merci pour ce bon moment et à bientôt peut-être !Smiley
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Dernière mise à jour de cette page le 09/05/2008