« L'or ne donnerait pas de dessins si complexes ni si merveilleux, aucun joyau ne brillerait de couleurs si variées ni si éclatantes », s'extasie un maître de l'art devant un cloisonné de Pékin d'une grande finesse.

Dans les archives chinoises, on appelait les cloisonnés « ouvrages incrustés Ta Che ». Ta Che était le nom chinois de l'Arabie durant le Moyen Age. Introduite dans l'Empire du Milieu au 13e siècle, cette technique devint, après une longue période de développement, un art typiquement chinois, et ce depuis la nuit des temps !
L'artisan donne une forme désirée à une plaque de cuivre rouge pour former le fond. Des fils ou des bandes de cuivre sont alors posés par dessus: c'est le « cloisonnage » qui constitue les traits du dessin. Une pâte d’émail de couleur différente est sertie entre les cloisons pour faire le dessin et les couleurs.
L'ouvrage est ensuite poli avec une pierre meulière et du charbon de bois. Le polissage amène l'arasement de l'émail et des cloisons. On plonge après l'article dans une solution d'or où passe un courant électrique.

Cet art fut florissant à l'époque de King Tai (1450-56) de la dynastie des Ming et sous le règne de Kien Long (1736-95) des Tsing. Mais il déclina dès le début du 20ème siècle, comme presque tous les autres arts chinois.
Aujourd'hui la Fabrique des cloisonnés de Beijing (Pekin) occupe quelque deux mille artisans.
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