LaChapelle à la Monnaie de Paris

 

 

« David LaChapelle »

Monnaie de Paris mars 2009

Par Alberto V.

Né en 1963 aux USA, David LaChapelle est un photographe qui vient du monde de la Mode.

Il a suivi une formation artistique et côtoyé dans sa jeunesse Andy Warhol.

Il est aujourd’hui considéré comme l’un des photographes les plus mondialement reconnus.

Son style est caractéristique, ses couleurs sont extrêmement vivaces, ses décors bariolés, ses mises en scène très soignées et pouvant mettre en oeuvre des moyens importants comme un musée inondé, des maisons détruites, des carambolages de voitures.

Il utilise très peu les trucages numériques.

On sent l’influence du Pop Art et de Warhol sur le monde baroque de LaChapelle.

Sa photographie joue des excès de toutes sortes à commencer par une abondance de corps nus, le plus souvent d’une grande beauté plastique.

 

LaChapelle s’inspire également de Michel Ange comme dans sa grande installation photographique « Déluge » où la référence y est explicite.

L’intérêt de LaChapelle réside dans le questionnement qu’il opère sur le monde d’aujourd’hui, un monde saturé d’objets, de marchandises et de symboles aliénants. Dans ses mises en scènes, il sait mettre ce monde en péril en exerçant sur lui, esthétiquement, une violente action de remise en cause faisant apparaître son caractère artificiel et vain.

 

Dans l’exposition de la Monnaie de Paris, les photos sont regroupées par thèmes.

Celui du déluge universel où il propose une grande photographie construite en carton en 3D. Il y dénonce la course à la consommation, l’attachement aux biens matériels ainsi que la chute des valeurs universelles. Ici la référence à Michel Ange et au Jugement Dernier de la Chapelle Sixtine est explicite.

D’autres thèmes explicitement comme « Heaven to Hell » ou « Meditation » regroupent des photographies mettant en scène le religieux ou le divin.

Dans la série « Plastic People », LaChapelle aborde le thème du culte du corps et de ses excès. Dans « Consumption », c’est le thème de la consommation. Le terme anglais « consumption » veut à la fois dire consommation et consomption. Ainsi, les consommateurs, en détruisant l’objet consommé, se détruisent eux-mêmes en se consumant.

 

 

Dans la série « Star System », les photos montrent le caractère exhibitionniste et narcissique de ces personnalités.

 

 

 

 

 

 

 

 


Voici un article que j’ai lu dans le magasine Le point du 12 Février 2009-03-28

Ce texte, excellent, est écrit par Christophe Ono-dit-Biot

« Mais qu’est-il arrivé à David LaChapelle. Né en 1963, adoubé par Andy Warhol, couvé du regard par tout ce que l’Amérique compte de soleils, d’Hillary Clinton à Paris Hilton, il était jusqu’alors le photographe de l’orgie postmoderne, le Doisneau du porno-chic, calibrant chacune de ses compositions comme un ice cream visuel dégoulinant de couleurs saturées, de sexe et d’huile solaire.

LaChapelle, c’était la transsexuelle Amanda Lepore sniffant des rails de diamants. C’était le rappeur Tupac portant en string sa quincaillerie bling-bling, c’était Noami Campbell nue, noire et offerte comme un mets de choix sur une table immaculée pour esthètes cannibales….

Et voila que tout a basculé, « je ne disais plus la vérité. Il était temps de changer de direction », lance le jeune homme à casquette, aujourd’hui décidés à « sauver l’image du corps nu de la pornographie, qui en fait un simple instrument de gratification ».

Dans la rétrospective que lui consacre la Monnaie de Paris, qui poursuit avec bonheur sa révolution culturelle, LaChapelle expose pour la première fois ses derniers travaux.

 

Un « Guernica » en Irak présenté comme un livre pop-up avec de vraies rafales de M16 (« Holy War »), des corps en lévitation dans une eau purificatrice (la série « Awakened ») et surtout une vaste fresque photographique intitulée « Le Déluge », décalquée sur celle de Michel-Ange à la Chapelle Sixtine.

Des hommes, des femmes et des enfants s’entraident dans les ruines d’un monde inondé où s’abîment une enseigne Burger-King, une voitures aux phares allumés et le fronton d’un casino de Las Vegas. L’Amérique d’après l’ouragan Madoff ?

« Aujourd’hui, les américains se sentent au bord du précipice, mais Dieu existe » explique le repenti, invitant le public à chercher l’ »illumination » dans la lumière saturée de ses photos, peuplées de visages figés par une émotion proportionnelle à leur espoir de salut. »

 

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Dernière mise à jour de cette page le 30/03/2009