Voici le premier volet de notre étude sur le CELLULOID.
Nous allons traiter si dessous, l’invention du Celluloïd.

Etats-Unis, guerre de sécession 1861/1864.
Le blocus imposé aux états du sud rend très difficile l’approvisionnement de toutes les denrées et autres marchandises mais aussi, de l’ivoire d’éléphant nécessaire à la fabrication des boules de billards.
Hé oui, le celluloïd a été inventé pour compenser le manque de matière première nécessaire à un jeu ! ! (Rappelons nous quand même que c’était la guerre !!).
Ce jeu a pris tellement d’importance durant cette période que deux industriels, PHELLA et COLLENDER de New York, organisèrent un concours qui récompenserait celui qui trouverait un substitut à l’ivoire !

La légende raconte qu’un jeune inventeur d’Albanie, John Westley Hyatt (il avait fabriqué des dominos et des échiquiers à partir de la pulpe de bois pressé et de vernis) se lança dans la recherche. Un jour, il se blessa. Alors qu’il se soignait, il se rendit compte que le collodion (antiseptique de l’époque) en se renversant sur une feuille de papier de soie, avait durci.
L’idée fit son chemin et il tenta de reproduire ce durcissement.
Il lui fallut 7 ans et quelques explosions (la nature très volatile des premiers essais faisait que les boules explosaient lorsqu’elles s’entrechoquaient!) pour aboutir à un premier résultat concluant. Il trouva la solution à ce problème en ajoutant du camphre.

John et son frère Isaiah finirent par trouver la bonne formule qui est composée de :
• 70 à 80 parts de nitrate de Cellulose (papier de soie additionné d’acide nitrique et d’acide sulfurique).
• 30 parts de Camphre (tiré de l’arbre Canalet de Taiwan).
• 0 à 14 parts de colorant
• 1 à 5 parts d’alcool éthylique
• Agents stabilisant et réducteur d’inflammabilité
Et bien sur, après tout ça, ils lui donnèrent un nom : CELLULOID !!
Toutefois, la légende est quelque peu égratignée quand on s’approche un peu plus près de l’histoire car l’inventeur anglais Daniel Spill et son associé Alexander Parkes (qui avaient déjà inclus le Camphre dans leurs premières expériences) traduisirent en justice les frères Hyatt pour que le tribunal, au bout de 7 interminables années (1877/1884) les reconnaissent, enfin, comme les véritables découvreurs du celluloïd.

Cependant, pour la petite histoire, le celluloïd ne remplaça jamais l’ivoire des boules de billard (ce sera un autre composant)(voir correction de Mme Chauveau dans le texte suivant) mais en tant que premier plastique « moulable », il connut d’autres utilisations !
Les frères Hyatt montèrent une entreprise, la Albany Plate Company et révolutionnèrent la fabrication des prothèses dentaires.
Petite anecdote concernant ces prothèses : les frères Hyatt durent résoudre un problème assez ardu.
En effet, le Celluloïd se ramollit au contact du « très chaud », imaginez donc un peu ces pauvres buveurs de thé quant leurs dents se mettaient à fondre !
Toutefois, le Celluloïd permit de remplacer la corne, les sabots des animaux, les écailles de tortues et sauva la vie à plusieurs milliers d’éléphants… finalement c’est peut être la première invention écologique ??!!??
Une quantité incroyable d’objets hétéroclites vont être fabriqués à partir du celluloïd : des peignes, des cartes postales ou religieuses, des articles de tabletterie, des montures de lunettes, il y a même eu des objets de plaisirs !!!

Une autre anecdote amusante au sujet de l’utilisation du celluloïd : la mode masculine suit l’évolution de la modernisation des matériaux de très prés et on fabrique donc des poignets et des cols de chemise en celluloïd !
Comme les chemises de ces messieurs ne se voyaient pas sous leurs gilets, ils suffisaient de retirer alors le cols et autres poignets pour les laver !
Mais, il ne fallait surtout pas que le monsieur « s’enflamme » pour une dame ou dans un débat animé car alors sa température corporelle augmentait et … et… hé oui le celluloïd fondait !!!
Le monsieur du début de la fin du 19ème était obligé de garder son …….. sang froid !
Finalement, avec l’évolution rapide du plastique et de l’arrivée de la RAYONNE et du CELOPHANE (mais surtout à cause de son inflammabilité) (une usine productrice de celluloïd brûla 39 fois !), le celluloïd sera rapidement abandonné.(voir correction de Mme Chauveau dans le texte suivant)
Aujourd’hui, il est utilisé essentiellement pour les balles de ping-pong et dans l’industrie du dessin animé sous forme de feuille plastique et dans les décors de certains instruments de musique.
La photo du canard nous a gentiment été prêtée par http://baigneur.free.fr
Article signé par Danielle, Françoise J. et moi sur le site dollsaddict.com

Je partage avec vous, les échanges de mails que j'ai avec Mme Elisabeth Chauveau.
C'est, je vous le rappelle, une grande spécialiste du celluloïd qui a d'ailleurs écrit un livre sur le sujet.
Elisabeth écrit : "J’ai lu avec attention votre article sur le celluloïd qui fut bien un substitut de l'ivoire sous le nom d'Ivoride ou d'ivoirine.
Je suppose que vous avez pris ce texte dans un ouvrage écrit dans la langue de Shakespeare dont le point de vie n'est pas tout à fait le même que celui de la France.
Par exemple ce n'est pas avec de la soie que l'on fabrique de Celluloïd, mais avec du coton (la cellulose) je vous invite à lire le livre que j'ai écrit il y a une quinzaine d'années sue les poupées et bébés français en celluloïd dont toute la première partie est consacrée à l'invention du celluloïd et de ses dérivés tel que l'acétate de cellulose.
Le celluloïd ne fut pas du tout abandonné rapidement puisque l'on arrêta sa fabrication en France en 1979.
Le dernier fabricant français de cette matière fut les Ets G. Convert, les mêmes qui fabriquaient les poupées Nano. J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer Louis Convert qui m'avait expliqué tout cela. Avant la parution du livre sur les poupées en celluloïd, je lui avais demandé de vérifier ce que j'avais écrit, car je ne suis pas chimiste."
Seconde partie
Celluloïd Le marché Français
Informations tirées du livre de Madame Elisabeth Chauveau « Poupées et bébés en celluloïd 1881/1979 »

La grande période du jouet Français en celluloïd se situe entre 1930 et 1955.
Rappelons-nous que Celluloïd est un mot anglais formé du mot Cellulose et du suffixe OÏD qui indique la forme d’une chose !
Le terme « Celluloïd » est utilisé en France pour désigner deux matières d’aspect très proche : d’une part le celluloïd à proprement parlé ou nitrate de cellulose camphré et d’autre part, mais à tort, l’acétate de cellulose beaucoup moins inflammable.
Il y a semble-t-il et c’est tout à fait normal en plus une petite polémique sur « qui » a réellement trouvé en premier la formule du celluloïd.
D’après Elisabeth, (et on ne peut pas mettre en doute la qualité de ses recherches) le nitrate de cellulose aurait été préparé par le Français Braconnot dés 1832.

En 1854, James Cutting de Boston eut l’idée de mélanger du camphre à la nitrocellulose et fit breveter son invention pour préparer des émulsions photographiques.
Puis en 1855, l’anglais Alexander Parkes mit au point la Parkésine (produit à base de nitrocellulose). Enfin Hyatt trouva la bonne formule (voir le premier chapitre de notre étude) et la grande aventure commença !
Dés 1875, les frères SCHMERBEER, élèves de Hyatt, créèrent à Stains (92) la compagnie Franco-américaine du celluloïd qui deviendra par la suite la Compagnie Industrielle du Celluloïd.
En 1887, NEUMAN et MARC créeront la Société Industrielle du Celluloïd.
A partir de ce moment, on verra s’installer en France plusieurs compagnies : Oyonnithe à Manville (76) (rachetée par Petitcollin), Sté Générale pour la fabrication des matières plastiques (14), Oyonaxienne (01), Sté Lyonnaise de Celluloïd (69), Maison Convert, La Bellignite (01), l’Oyonnalithe (rachetée par SIC en 1917).

Oyonnax, au début du siècle apparaît comme le grand centre du celluloïd Français.
On y fabriquait les peignes et autre bimbeloterie, des ballons, des manches de parapluie etc. !
En 1899, les fabricants oyonnaxiens décidèrent de créer une coopérative qui produirait le celluloïd dont ils avaient besoin et fondèrent l’OYONNAXIENNE qui commença à produire en 1902.
La crise de 29 stoppa son essor et elle fut rachetée par Petitcollin. La société Oyonnaxienne fut dissoute en 46.
La production mondiale de celluloïd va atteindre son apogée en produisant 40 000 tonnes en 1929 et déclinera d’années en années pour ne plus produire que 24 000 tonnes en 1957.
En France, les derniers à utiliser et à fabriquer des jouets et poupées en celluloïd seront les Ets Convert.
Le plus grand reproche que le public faisait au celluloïd était son extrême inflammabilité et dés sa découverte on chercha à produire une matière similaire mais ininflammable !!!
Les différents noms de l’Acétate de Cellulose, selon la firme qui le produit :
• SICOÏD : La Société industrielle de Celluloïd ( SIC) déposera ce nom pour désigner son acétate de cellulose. • NOVOÏD : sera fabriqué par la Société Nobel Française.
• ACELOÏD : sera fabriqué par Petitcollin
• NAXOÏD : sera fabriqué par les Ets Convert à partir de 44.
• RHODOÏD : sera fabriqué par Rhône Poulenc et sera utilisé par Bella, Gégé, Raynal etc.
Notre petite étude se termine donc, par la lecture et un résumé du livre de Mme Chauveau, qui a eu l’honneur et l’avantage de rencontrer un des derniers producteurs de jouets en celluloïd : Mr Convert!
Article signé par Françoise J. qui m'a donne ses photos, Danielle et moi.
Merci aussi à La restauratrice de poupée située à Laville aux Dames (37) pour la photo des hochets.
3. viviane Le 31/07/2009 à 15:57
2. foutoillet carmen Le 15/07/2009 à 10:55
1. Nadia Le 10/07/2009 à 13:35