Alexander Calder (1898-1976)
Les années parisiennes,
1926-1933 Beaubourg 18/03/09 – 20/07/09
Par Alberto V.

Cette exposition est consacrée au tout début de la carrière artistique de Calder, à son premier séjour parisien entre 1926 et 1933.
En 1926 à 28 ans, venant des Etats-Unis et issu d’une famille d’artistes, muni d’une double formation, artistique et d’ingénieur, Alexander Calder arrive à Paris alors capitale mondiale de l’art.
La première partie de l’exposition, l’époque dite du fil de fer, fait une grande place au « cirque Calder ».

C’est ensemble de figurines fabriquées en fil de fer et autres matériaux de récupération qui constituent un cirque à part entière et que Calder va utiliser pour réaliser de véritables représentations.
Ce cirque est, comme son modèle, transportable : il tient dans 5 grandes valises avec lesquels il pourra ainsi voyager.
Deux films nous montre Calder réalisant en véritable « performer » avant la lettre, à l’aide de ces figurines, un véritable spectacle de cirque.
L’originalité de Calder va être d’utiliser le fil de fer pour construire des figures, souvent sur le mode de la caricature.

On le surnommera d’ailleurs, le « Daumier du fil de fer ».
Cette technique équivaut à la sculpture ce que le dessin est à la peinture.
Sorte de dessin dans l’espace, les sculptures ont une spatialité légère qui joue sur les formes : à trois dimensions dans l’espace vide qu’elles enserrent et à deux dimensions dans le jeu des ombres qui résulte de leur projection sur le mur.
Dès ce moment, la mobilité est présente car le fil de fer est léger et bouge au moindre souffle, à la moindre vibration.

Ces vibrations introduisent déjà un élément fondamental que l’on retrouvera ensuite dans toute l’œuvre de Calder : le mouvement.
Une rupture a lieu en 1930 avec la rencontre de l’un des fondateurs de l’abstraction : Mondrian.
Calder sera très marqué par cette rencontre qui le fera basculer dans l’abstraction. S’inspirant de Mondrian, il réalise ses premières sculptures abstraites mais en y introduisant le mouvement.
Ce sont les premiers mobiles.
Il est à noter que cette introduction du mouvement dans l’abstraction se fera contre l’avis de Mondrian.
Il réalise des figures qui sont actionnées par un moteur caché dans un socle le plus souvent peint en blanc. En mouvement, chacune de ces figures décrivent un mouvement autonome constituant ainsi une véritable chorégraphie. .
Dans les sculptures de Calder on trouve ces composantes essentielles que sont le temps et l’espace. L’espace se trouve déployé par l’objet sculptural lui-même qui par essence est en trois dimensions.

Le temps est saisi à travers le mouvement par une sorte de boucle aristolécienne inversée qui en ferait non comme chez Aristote la résultante du mouvement comme son nombre selon l’avant et l’après, mais sa propre mise en scène. Le mouvement donc comme mise en scène du temps venant s’appliquer sur l’espace déployé par la figure de la sculpture.
D’un grand minimalisme, nous avons ainsi une œuvre totale à laquelle on ajoute parfois la trichromie primaire du bleu, du rouge et du jaune que viennent encadrer les couleurs fondamentales que sont le blanc et le noir.
Ces objets mobiles sont l’équivalent de véritables chorégraphies au sens premier du terme qui veut dire en grec écriture de la danse, ce qui donne le sens élargi de représentation du mouvement.
L’exposition se termine avec une série d’œuvres du début des années 30 où l’abstraction géométrique va faire place à des formes plus organiques. On sent ici l’influence de Miro, Giacometti et Arp.
Saché (37) et Alexandre Calder
Alexandre Calder habita "La Basse chevrière" qu'il avait acheté en 1953, puis fit construire son atelier au lieu-dit "Le Carroi".
Il y vécut jusqu'en 1975 .
Grâce au soutien de la DRAC et en accord avec les héritiers, l'Atelier est depuis quelques années un lieu d'accueil et de résidence pour des artistes étrangers qui n'auraient pu, seuls, mener leurs projets à terme.
Il fit don du mobile qui se troue sur la place à son départ du Village de Saché, en Indre et Loire.


Les jouets en Bois de Calder
le plus reconnu et influent des sculpteurs américains, réalisa, enfant, ses premiers jouets.
En 1926, il fabriqua des jouets mécaniques, prélude à la création du "Circus" maintenant en exposition permanente au Whitney Museum of American Art, New York ( voir plus haut).
L'année suivante un fabricant américain de jouets à Oshkosh, Wisconsin, fabriqua une série de jouets animés, créations inventives et drôles de l'artiste.
Trois quarts de siècles après leur première fabrication, Vilac, en association avec la Fondation Calder et PaperBall, fabrique à nouveau les jouets pour une nouvelle génération, à découvrir et à apprécier.


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