<Merci de ne pas me demander de cotation pour vos poupées, je ne suis pas experte en vente!!!

Auguste Bollée : inventeur des éoliennes Bollée

« La France est belle !» me dit un jour un promeneur étranger.  Fière de mon pays, je fus ravie de ces paroles qui me revinrent à l’esprit au détour d’un petit chemin tourangeau.

Alors que je visitais les jolis villages de la Touraine, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir au détour d’un chemin,  une œuvre d’art (n’ayons pas peur des mots !!) perdue entre une petite forêt et la rivière l'Indrois. 

Elle semblait abandonnée. Les orties et herbes hautes avaient proliféré autour du bâtiment technique et des haubans mais elle se dressait fièrement dans le ciel, arborant hautement ses couleurs rouillées qui prenaient des teintes irisées sous les assauts des rayons du soleil. Je suis restée longtemps à l’admirer, à la scruter et à la photographier.

Je suis partie à la recherche d’une personne qui aurait pu me renseigner mais hélas, l’heure était à la sieste !

J’avais pris soin de noter le nom sur la plaque de la colonne et mon premier reflexe, de retour à la maison, fut de taper ces quelques lettres BOLLEE.

Des pages entières étaient consacrées à « mon » œuvre d’art…………C’était une éolienne Bollée !!

Ces gracieuses et majestueuses éoliennes étaient utilisées pour alimenter en eau les villages, les châteaux ou les grandes villas à l'époque où l'eau ne coulait pas des robinets de tous les foyers !

 

Voici son histoire :

ernest.jpg

Ernest-Sylvain Bollée, né en 1814 est issu d’une grande famille de fondeur de cloches. Lors de son premier brevet pour l’éolienne en 1868, il avait 56 ans. Ce fut probablement Ernest-Sylvain qui utilisa pour la première fois le mot d’Eolienne en déposant son brevet. (Le nom Bollée entra au dictionnaire en 1907). Ernest-Sylvain a épousé une demoiselle F-G Dufour qui lui donna trois garçons : Amédée né en 1844, Ernest-Sylvain en 1846 et Auguste en 1847.

Sous sa direction, la fabrique de cloche élargit son domaine de fabrication et diversifie ses activités. Il fabrique ainsi des robinets, des canalisations, des pompes, des béliers hydraulique (découverte de Joseph de Montgolfier, celui-là même qui sera à l’origine de la montgolfière avec son frère).

Le développement industriel et agricole de la seconde moitié du XIX ème siècle exige un approvisionnement en eau plus important et des normes de pureté plus strictes. (3)

C’est la grande époque de l’essor industriel.

Tous les membres de la famille ont déposé des brevets très divers tels que : une cloche produisant un certain son, une machine à imprimer des tickets de train, une locomotive et même une mitrailleuse !

L’éolienne a été commercialisée à partir de 1874.

A la mort d’Ernest-Sylvain Bollée, Amédée reprend la fonderie (qu’il réactivera de temps en temps pour assurer les finances de sa branche automobile), Ernest hérite des béliers hydrauliques (c’est cette branche là qui existe encore aujourd’hui. Elle ne produit plus des béliers mais du matériel hydraulique) et enfin Auguste qui prend la tête de la section éolienne.

Auguste n’a pas vraiment une âme d’entrepreneur. Il vend les brevets et l’usine, à E.Lebert en 1898.

Il peut dés lors se consacrer à sa passion : la peinture. Il « monte » à Paris et se lance dans le mouvement impressionniste .........où il  ne laissera d’ailleurs, guère d’impressions car il ne rencontre pas le succès espéré. Il meurt en 1906.

E. Lebert et ses successeurs ont continué d’utiliser le nom prestigieux de Bollée. Ils fabriquaient également des robinets, des bornes-fontaines et du matériel hydraulique.

En 1917, l’entreprise passe aux mains de G. Duplay puis devient en 1926 la Société Anonyme des Eoliennes Bollée qui sera absorbée par la société des ateliers de construction de Paimboeuf.  Les ateliers continueront  à fabriquer des pièces détachées pour la réparation des éoliennes jusque dans les années 60.(4)

La production des éoliennes semble s’être arrêtée dans les années 20.

N.B : Amédée (fils d’Amédée) et son frère Léon sont des pionniers de la construction automobile. Des voitures sortiront sous leur nom : l’obéissante, la Mancelle, la rapide etc.

Détails techniques :

Pour reprendre un vocabulaire emprunté aux turbines hydrauliques, nous sommes en présence d’un stator et d’un rotor. Les pâles du stator sont incurvées dans le sens contraire des pâles du rotor, dirigeant le flux  presque perpendiculairement au plan d’attaque des lames du rotor. (1)

Le nombre des pâles du rotor est inférieur à celui des pâles du stator pour faciliter l’écoulement du flux d’air.

Sur le premier brevet pris par Ernest Bollée, il y a déjà le stator et le rotor mais E. Bollée le met face au vent grâce à une large queue rigide (Il n’y a pas eu d’éolienne construite sous ce brevet).

schema-de-l-eolienne-premier-brevet.jpg

Le second brevet modifie cette mise au vent en ajoutant une roue à ailettes placées devant le stator. Elle se met à tourner lorsque le vent la frappe de biais et par un jeu d’engrenage, elle provoque la rotation de toute la tête de l’éolienne jusqu’à ce qu’elle soit face au vent (2). La roue à ailettes est suspendue au bout d’un châssis horizontal fixé au garde corps.

La colonne qui supporte la tête de l’éolienne subit aussi une modification par rapport au premier brevet car de bois et de fonte, elle deviendra une colonne pleine en fonte.

schema-de-l-eolienne-second-brevet.jpg

La colonne et l’escalier qui l’encercle, transcendent l’élégance de l’éolienne.  Le tout est en fonte. Elle est maintenue par des haubans (également en fonte) ancrés dans le sol par de gros et lourds blocs de maçonnerie.

Quatre lettres (30cm) N-O-E-S  dans le plus pur style Art Nouveau indiquent la direction du vent et ornent la balustrade.

Seuls la structure en fonte, les haubans et le système hydrauliques étaient fabriqués et fournis par E. Bollée. Le local technique était à la charge de l’acheteur.

 

notice-relative-a-l-installation.jpg

notice-relative-a-l-installation-2.jpg

brevett-de-1885.jpg

description-de-l-eolienne.jpg

Quelques généralités:

 

Il y a 4 types d’éolienne :

Type 1 : le diamètre de la turbine est de 2,5m

Type 2 : Le diamètre de la turbine est de 3,5 m. Elle mesure en moyenne 19 m de haut.

               Le rotor est composé de 24 pâles, le stator de 34 pâles

Type 3 : Le diamètre de la turbine est de 5 m.

               Le rotor est composé de 32 pâles, le stator de 44 pâles.

Type 4 : Le diamètre de la turbine est de 7 m. Il n’y en a pas en Touraine.

 

Pour installer une éolienne de type 2 (celle d’Esvres par exemple) , il fallait environ 3 semaines de montage pour  un monteur-mécanicien et un manœuvre. L’échafaudage pesait prés de 700kg.

livre.jpg

 

 

Les références (1) (2) (3) et (4) sont copiées intégralement et issues du livre " les Eoliennes bollée".

Je vous invite vraiment à vous le procurer. De très nombreux détails techniques viendront compléter votre savoir.

Vous pouvez le demander ou vous renseigner : 

Fédération Française des amis des moulins

Commentaires (4)

1. Didier Chérel 11/07/2018

Le titre de l'article est "Auguste Bollée : inventeur des éoliennes Bollée", alors que la lecture de l'article indique qu'il s'agit de son père Ernest-Sylvain Bollée

2. MICHAEL (site web) 26/03/2015

Bonjour,
J'ai lu avec un grand intérêt votre blog, j'aurais peut être l'opportunité de restaurer une éolienne BOLLÉE ! afin de travailler dans les règles de l'art et respecter la qualité de l'ouvrage, je sollicite votre aide et celles de toutes personnes pouvant me transmettre les données techniques, caractéristiques et peut-être par chance des plans.
Merci par avance.

3. yves B 27/01/2014

vous écrivez :"Ernest hérite des béliers hydrauliques (c’est cette branche là qui existe encore aujourd’hui. Elle ne produit plus des béliers mais du matériel hydraulique)", je suis très surpris et je souhaite savoir où et sous quel nom continue d’exister cette branche. A ma connaissance la famille Bollée du Mans ne possède plus de fabrication ; seul leur cousin d'Orléans ont continué a fondre des cloches mais ils ont vendu cette fabrication il y a quelques années.

En outre vous présentez Amédée (fils d’Amédée) et son frère Léon comme les constructeur de l’obéissante, la Mancelle et la rapide alors qu'elle sont l’œuvre de leur père Amédée.
Amédée Fils fabriqua entre autre la première voiture aérodynamique connue sous le nom de : "Torpilleur", son frère Léon inventa la première machine à multiplication (à 19 ans) puis commercialisa une voiture à trois roues appelée " Voiturette".

cordialement

Yves

Edit Webmaster : Bonsoir .
Merci de vos corrections,je vais relire mon texte et aller vérifier dans le livre paru sur la Saga Bollée.
Cordialement
Isabelle

4. Philippe 13/03/2013

Bonjour,
Je prépare un article dans le journal communal sur une éolienne Bollée installée dans une propriété de la commune.
J'aurais aimé pouvoir l'illustrer avec des photos que j'ai vu dans les articles de ce site concernant A. Bollée et ses inventions. M'y autorisez-vous ?
Merci
Philippe

Edit Webmaster : Oui !!! Si je ne devais poursuivre qu'un seul but avec mon site "les carnets de voyage de Joséphine" ce serait bien celui-ci : partager mes informations!
OUI je vous autorise à prendre toutes les photos qui vous seront utiles ....et toutes les informations que je sais fiables puisque, tirées de mes recherches et de mes lectures.
Je vous invite aussi à vous rapprocher de Mr Jean-Claude Pestel : jeanclaude.pestel@laposte.net qui se fera un très grand plaisir de vous renseigner. C'est LE spécialiste des éoliennes Bollée!!
Dans votre courrier, vous ne me donnez pas le nom de votre commune. Est-ce que vous seriez d'accord pour m'envoyer un double de votre article de façon à ce que je l'édite sur mon site ?A très bientôt Isabelle

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Date de dernière mise à jour : 26/11/2013